01.07.2008
d'Adam à Eve
Maintenant que tu es partie, Eve, je suis seul au monde.
et qu'adviendra t-il du monde sans nous ?
A.
15:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
17.06.2008
papillon cendré
Au Un, il est unique
De deux, c’est le premier
De trois, c’est le milieu,
A quatre, deux par deux,
A cinq, c’est la tribu
Assis, il est perdu,
S’il n’est pas déjà mort.
Tu me suivras ?
Je te ramène au port ;
A dix, c’est dans l’ivresse
A cent, toute une armée,
De pieds, de poings liés,
De cuir, d’acier forgé.
Mais cent mille gouttes de pluie
Si elles font pleurer
Ne tueront pas comme les hommes,
Ne brûleront pas tous les corps ;
Tu me suivras ?
Je te ramène au port.
Combien dois-tu rester ?
- Je ne sais pas (pa)
- Alors tant pis (pi)
- Comme un lion (lion)
- En commençant (cen)
- Je commanderai (dré)
Pa/pi/lion/cen/dré
Je t’aime trop fort.
Tu me suivras ?
Je te ramène au port.
Parthenay, juin 08.
09:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
16.06.2008
je vais
Je vais
M’agacer les mains
Te ronger les ongles
Me curer le nez
Raboter tes doigts
Et farcir nos oreilles de mots libérateurs
Tu vas
Percer mes poignets
Forer tes épaules
Trouer mes chevilles
Tarauder ton foie
Et farcir nos oreilles de musiques de bal
Je vais
Etirer tes cils
Allonger mes doigts
Tirer sur tes joues
Agrandir mes tripes
Et farcir nos oreilles de poésie râpeuse
Tu vas
Clouer mon cercueil
Agrafer tes paupières
Cheviller nos ongles
Puis visser nos viscères
Et farcir nos oreilles de bruits de portes ouvertes, de chants mélancoliques, lamentations funèbres et larmes murmurées
Jusqu’à ce qu’une trompette femelle et voyageuse, Tzigane désembourbée ne vienne briser nos tympans, les allumer de flammes et les brûler de bruits. La mort et le hasard sont au banquet ce soir ! Les cendres froides de la chanson, posées au vase bleu du lendemain nouveau sont les vestiges de notre entente.
Thuillies, mars 08
13:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
14.06.2008
le désir et la douleur
Le désir et la douleur marchent la main dans la main.
Ils longent la mer, du haut d'une falaise de craie jaune.
- Est-ce que tu m'aimes ? Demande le désir
- Oui, répond la douleur
- Est-ce que tu me seras fidèle ?
- Oui, dit encore la douleur;
- Pour toujours ?
- Pour toujours.
Et leurs regards plongent vers l'infini, touchent l'horizon et vont caresser l'autre bout du monde.
un petit serpent frotte son ventre sur la terre et passe entre leurs pieds.
Verviers.
09:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
12.06.2008
Six cordes autour du cou
Le guitariste a six cordes autour du cou
Le marin, des noeuds plein les mains;
Et moi qui t'aime vraiment beaucoup,
Je n'ai rien, non, je n'ai rien.
Le jardinier prend des pelles en chantant
Le cantonier, un rateau chaque matin.
et moi qui t'aime vraiment beaucoup,
Je n'ai rien, non, je n'ai rien.
Un bon maçon pourrait t'offrir dix briques,
un bon lépreux pourrait t'offrir sa main.
Et moi qui ne suis pas lubrique,
Je n'ai rien, non, je n'ai rien.
Dans la rue où tu habites,
Le fermier te pose un lapin.
Moi qui t'aime de façon subite,
je n'ai rien, non, je n'ai rien,
Qu'un cancer de l'intestin.
Juin 08.
16:16 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
11.06.2008
et le temps passe!
Je veux tailler dans ton corps
Une porte pour l'éternité
Avec un grand couteau de glace,
Un morceau de verre affuté
Du grand miroir où l'homme voit
Ses premières rides le bouffer,
Ses dernières dents s'entartrer
Sa barbe le givrer de blanc
Et sa chair s'affadir
Ses yeux retomber, sa bouche suspendre, ses veines sortir, ses mains s'encrocher, ses plis s'appartenir;
Et par cette grotte subtile,
Je voudrais m'échapper
Pour ne plus revenir
Sur ce sol infertile
Où les grands imbéciles
Ne peuvent s'avouer.
Parthenay, juin 08.
20:01 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
10.06.2008
ILS
Never
Whisper
Over
Me
Nevers
Espère
Distraire
You
Always
You says
You hate
Him
Il
Vous
Les
Tes
Je
Nous
Barcelona, juin 08
14:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
03.06.2008
Azur et hasard
Que le ciel entre dans vos veines
Carillons! Carilons-nous!
Que les cultures avalent l'eau comme le poète, l'azur!
Et saumons, saumons-nous encore!
Je cherche depuis longtemps des villes neuves où poser mon entrain.
Gazons. Gazons à ras-bord!
Que chaque pas posé le soit dans une enclume
Que chaque plume plante le soleil droit!
et que chaque soleil éclaire l'un de tes pas!
Tire-bouchons! Tire-bouchons l'or!
Il faut que le hasard nous en apprenne encore!
Montataire, le 8 mai 08.
15:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
02.06.2008
l'agonie lente
Ce corps d’escroc
Cet escogriffe
Ce corps encore
Qu’il transporte et qui l’essouffle
Ce grand corps d’Icare
Aux ailes démesurées, brisées, cassé, trois quart malade
Qu’il écorne et qu’il rebiffe
Qui renifle
Assoiffé
Qui racle encore et râle, arrache un clou, un cri, du cran, du crin
Dans l’escagasse
Mornifle
Il boîte
Il traîne, il vit, il porte
Un coup de cric dessus le crâne
Mais il marche
Il s’arrache
A la boue luisante des fossés d’argile
Epate
S’éclate, écarte les crocs et se re-carapate
Et souffle.
Il gratte, ce grand corps pas triste, il fuit vers les automates, les marcheurs autistes, les aveugles du jour, du métro, de la ville et ses mille
Apparatchiks
Il boîte
Il va tomber
Non.
Il crache.
Il va tomber
Non.
Il rue
Il va tomber
Non.
Son œil, déjà par terre, il va marcher dessus
Où est mon avenir ? L’avez-vous déjà vu ?
Vous avez marché dessus, monsieur.
Vous avez marché dessus.
Verviers, avril 08.
15:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
22.05.2008
voleur de linge
J’ai retrouvé mes larmes que j’avais perdues hier, avant de vous connaître. J’ai retrouvé le goût du sel, le poids du sol, le bruit des cils lorsqu’ils sont battus par le vent. Regarder vers le sud ne me sert plus à rien.
Alors j’ai remis la main sur cette vieille habitude que j’avais de respirer par un roseau tout au fond de l’étang. La pluie ne me fait plus trembler, tant je suis touchant la vase.
Demain, lorsque les rousseroles tisseront leurs nids et que les coucous y poseront leurs œufs, je pourrai m’éveiller de cette minuscule mort, et m’écouter redire « Je vis encore ! »
Verviers, avril 08.
18:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture


