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14.05.2008
Trinité poétique
-Bon, d’accord. Si dieu, le père, est l’univers entier, alors qui est le fils ?
- Le poète. Parfois alpiniste qui écrit sur la neige, parfois plongeur qui dans sous la chanson des flots, un jour explorateur qui taille à la machette dans l’épaisseur des mots, le lendemain amant qui caresse une jambe.
- Bon, d’accord, d’accord. Si le fils, c’est le poète, alors qui sont tous les apôtres ?
- Les hommes. Spectateurs assis au spectacle du monde, dont on scrute le cœur. Pauvres, malades, couchés sur le billard, le ventre ouvert qui grouille de vermine et qui attendent la fin, l’espoir dans l’estomac, la lumière allumée.
- Bon, d’accord, d’accord, d’accord ! Si les apôtres, ce sont les hommes, alors qui est le Saint-Esprit ?
- Le monde. Rien d’autre que le monde ; Et le poète avale sa petite bouchée, ou de grandes cuillères, puis les recrache au ciel. Ainsi, le poète avale le monde pour que l’humanité puisse enfin voir l’univers.
Margaret River (Austr) avril 08.
14:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture


