« Tout ce qu'il y a dans ce poème | Page d'accueil | Depuis que je suis »

10.05.2008

En revenant le long de la Meuse :

Bourbier orange et bleu, nuit chimique sur le fleuve

File de soldats bandants d’acier et de furie reproductrice

File de fumeurs armés de cheminées qui qui qui nous étoufferont

Baïonnettes carboxydriques

Cœurs qui battent feu et sang

Réseau de veines chaudes et de veinules cuites où passe le métal en fusion

Acier-feu

Tumeur-fer

Marteaux fous qui qui qui assassinent les oiseaux

Sous la barbe adolescente de ces témoins oculaires, mille ouvriers qui qui qui sait, dix mille peut-être, savent la vie enfumée des maisons d’hydrocarbure, les fenêtres empoussiérées, les cancers de l’œsophage, les assiettes recouvertes de tout ce qui qui qui fut nuage

Oiseaux-plumes

Pipe d’écume

Casquette plate morte au combat

Le fleuve continue sa route (quand quand quand ne te retourne pas), et son métier de fleuve : ce soir, il nous reflète cette acné juvénile lumineuse, cette crise de boutons rouge-orange dans la gueule avant de nous dire bonsoir et de se tirer, divin. Quoi quoi quoi et de se tirer divin.

 

Mars 08

 

Ecrire un commentaire