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01.05.2008
quatre printemps
Quand au premier printemps tu verras la rosée parcourir tes côtés, encore tout haletants d’avoir connu l’extase, la chair et le tunnel, la nuit et le soleil, le piment et le miel, je graverai de mes ongles jeunes en la peau de tes doigts frais :
S’il te plaît, ne prends pas froid.
Quand les cœurs, plein été, ont cru à leur victoire, ont fait plier les blés, ont traversé les fleuves et sont couchés, blessés, contre ton flanc de bronze, j’écrirai sur le ciel en lettres d’avion blanc :
Maintenant, ne prends pas froid.
Si l’automne cloue à ta porte un bouquet d’aubépine, larmes glacées cueillies comme épi de mains mortes, laisse-mi sur la vitre tracer ces quatre mots signés de cette sorte :
La nuit vient, ne prends pas froid.
Il existe des hivers entre les mains des hommes à l’heure élaborée où ils se croient divins parce qu’ils sont imbibés d’alcool et de vieillesse. En ce dernier moment, une dernière fois, je te murmurerai avant la fin du jour :
Mon amour, ne prends pas froid.
Mars 08
10:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture



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