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29.04.2008
Le lapin du sommet du monde
Si nous faisions étape sur le sommet du monde ?
Etale la nappe et sors les assiettes. Assoyons-nous là. Tu souris.
Tes yeux avalent ce qui reste de bleu dans le ciel d’aujourd’hui. Quelle heure est-il ?
Oui, je sais, ma moustache a grandi.
Comment ? Tu n’as jamais connu la neige ?
Tu la verras, un jour ou l’autre, clairsemer tes cheveux.
Je te le promets.
As-tu du vin ?
Sers m’en un verre, ou deux, ou trois, et que l’ivresse nous emporte.
Quelle heure est-il ? Oui, je sais, j’ai cru un moment être poète, clown acrobate du verbe en costume à paillettes. Mon chapeau est terrier pour un lapin en larmes. Tu m’écoutes ?
Je ne parlerai plus d’amour, je te le promets. Il reste du lapin, tu en voudras un peu ?
Quelle heure est-il ? Tes mains sont froides, viens contre moi. Passe-les sous mon pull et réchauffe-les là. Tu as des couvertures ? Si on dormait ici…
La nuit n’y viendra pas, seulement les étoiles, nous avons dépassé la ligne, nous avons dépassé le haut, le niveau d’encrier qui arrose la terre. C’est le sommet du monde. Demain, nous descendrons. Quelle heure est-il ?
Verviers, mars 08
11:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture



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