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28.04.2008

Le blé de glace

Dans le silence des nuits polaires, ton corps blanc comme banquise attend un autre demain. Mais la nuit est longue, trop longue sous ces latitudes-là. Et ce satané sommier d’eau de mer finira par t’endormir.
Alors arriveront mes mains. Ce sont deux ours blancs qui recherchent la chaleur de l’hiver, deux traineaux qui explorent le monde, deux pingouins nus qui plongent dans tes rêves, le bec tendu, la plume rase, les yeux mouillés.
Aucune aurore boréale n’aura raison de ces étoiles. Je continuerai à vivre, à me guider à la lumière de tes yeux, à diriger mes pas avec la boussole de cuivre et de bois d’ébène que tu m’as offerte le jour de notre rencontre. L’été se réveillera. Les six mois (les six mois) que durera ce jour (ce jour) ne suffiront jamais (jamais) à engranger tout le blé (tout le blé) que nous moissonnerons sur ces plaines de glace.

Verviers, fév. 08

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