« De chevaux riches et de cerises | Page d'accueil | L'adieu aux fleurs »

26.04.2008

Je vais

Je vais

M’agacer les mains

Te ronger les ongles

Me curer le nez

Raboter tes doigts

Et farcir nos oreilles de mots libérateurs

 

Tu vas

Percer mes poignets

Forer tes épaules

Trouer mes chevilles

Tarauder ton foie

Et farcir nos oreilles de musiques de bal

 

Je vais

Etirer tes cils

Allonger mes doigts

Tirer sur tes joues

Agrandir mes tripes

Et farcir nos oreilles de poésie râpeuse

 

Tu vas

Clouer mon cercueil

Agrafer tes paupières

Cheviller nos ongles

Puis visser nos viscères

Et farcir nos oreilles de bruits de portes ouvertes, de chants mélancoliques, lamentations funèbres et larmes murmurées

Jusqu’à ce qu’une trompette femelle et voyageuse, Tzigane désembourbée ne vienne briser nos tympans, les allumer de flammes et les brûler de bruits. La mort et le hasard sont au banquet ce soir ! Les cendres froides de la chanson, posées au vase bleu du lendemain nouveau sont les vestiges de notre entente.

 

Thuillies, mars 08

Ecrire un commentaire