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16.02.2008
la croisade des enfants bouchers (14)
- Après la colline qui flotte, la montagne de pierre. Et puis un désert plus peuplé qu’une ville. NOTE DU NARRATEUR :
C’est un poisson qui parle.
- Et nous ?
- Le monde attend les reines-claudes, mais d’abord, le fruit de l’arbre règnera sur le rire.
Une truite à la voix blanche, silencieuse, mouillée et glissante.
- Et moi ?
- Si tu domines le feu, tes enfants verront le jour.
Assise dans l’étang, elle a vu apparaître ce poisson aussi nu qu’elle, qui vient se caresser sur son corps comme l’aurait fait un chat à la peau chauve et huileuse. La truite a sorti le bout du bout de sa bouche et sa voix en sort comme d’un vieux gramophone sans griffe.
- Par un dimanche, la neige mourra. L’étang est un miroir, chacun est un soleil. L’irréparable n’est pas de ce monde.
Puis le poisson disparaît. A la façon d’un ricochet à l’envers, il rebondit sous la surface de l’eau.
Je suis troublé.
Vous venez de lire ce que raconte une truite qui sort inopinément sa tête de l’étang. Ce n’était pas prévu. Plus grave : cet animal a eu le culot de prédire des évènements que je n’ai pas encore écrits. En quelques sortes, cette stupide bête a raconté la fin, ce qui nuit à la narration. . J’en suis assez perturbé
Puis-je vous demander, au moins, de ne pas essayer de comprendre le sens de ces mots. Ou alors (si vous avez compris ce qui se passera), de n’en rien dire aux autres lecteurs.
Merci.
09:10 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture



Commentaires
motus et bouche cousue...
Ecrit par : marion | 16.02.2008
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