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03.01.2008
syndrome de Stockholm à Verviers
Syndrome de Stockholm à Verviers :
Heureusement, il y a l’évier.
Je suis assis au cimetière entre les tombes alignées.
Heureusement, j’ai la télé.
L’ennui, c’est ton absence mal allumée.
L’ennui, c’est grand
La plaine mortelle où poussent les totems aveugles
Des oiseaux, des chats, des arbres que l’on ne voit plus
J’ai jeté toutes tes photos
Heureusement, j’ai le frigo.
Le ciel immense est vide. Et l’herbe n’est plus tendre.
Ni dans le feu, ni dans mon lit, ni ailleurs où je puisse m’étendre.
Le soleil est donc un manchot.
Heureusement, il y a l’auto.
Le véritable ennui énorme et hérissé qui traverse mes mains au bord d’un océan sans vagues et sans bateaux, sans crabes et sans poissons, sans mouettes et sans alizées.
Heureusement, il y a l’évier.
Et plus rien ne se passe.
Plus rien ne se passera.
Même les clochards ne s’ennuient pas. Eux, ils ont les flics, les poubelles, les regards des passants pour s’occuper une heure,
Exister un instant,
Vivre encore un quart d’heure.
Je suis assis au cimetière entre les tombes alignées.
Heureusement, j’ai la télé.
L’ennui, c’est ton absence mal allumée.
Verviers, sept. 07
10:21 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie



Commentaires
J'aime beaucoup, ce vide à la fois ironique, tendre et désenchanté.
Ecrit par : Aroke | 04.01.2008
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