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31.12.2007
dieu peut-il se bouger le cul ?
La question est forte et importante : Dieu est-il capable de bouger ?
Partant du principe que Dieu est TOUT et PARTOUT, il me semble impossible qu’il bouge. Question de relativité, direz-vous ? Oui, mais s’il est TOUT et PARTOUT, on ne peut prendre aucun recul : il est TOUT et PARTOUT, donc immobile. Il n’a pas la capacité de changer de place, de bouger un peu, de se déplacer, de se bouger le cul, que sais-je ? Ni voyager. Ni marcher. Avancer. Reculer. Rien.
Dieu n’avance donc pas ? Réfléchissez deux minutes aux positons des monothéistes intransigeants. ..
Bien. Ce type est donc assis là-haut (ou debout, personne ne sait au Juste) et n’a aucun moyen pour changer sa place, puisqu’on l’a posé là, TOUT et PARTOUT.
Dès lors, le mouvement ne peut être qu’intérieur.
Or, qu’est-ce qui provoque un mouvement intérieur ?
Une maladie ? Dieu n’a pas le droit d’être malade.
Une émotion ? Bien vu.
Oui. Amour. Tristesse. Révolution.
La seule manière de faire bouger ce phénomène de bonhomme incroyable est de l’émouvoir. Faire battre son cœur fait de bois, de terre, d’eau et de chair humaine. Je répète et résume : l’unique façon de faire bouger le monde, c’est d’émouvoir les hommes. Les faire rire ou bien pleurer.
OR qui fait ça mieux que les artistes ?
Macache. Personne. Nada.
Alors vive l’Art, l’émotion partagée avec le monde, les hommes, les femmes, les enfants, d’ici ou d’ailleurs, jeunes ou vieux, petits ou gros, VOUS ou un autre.
Canela (Br) 15-06-07
11:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
30.12.2007
le paradis est de l'autre côté du mur.
Vite, je grimpe et redescends derrière. Au-delà du caché, du mensonge, même par omission.
Rien. Le désert ;
- Le paradis se trouve de l’autre côté du mur !
Retour. Vite, je grimpe et redescends. Derrière l’apparence, les faux cils et les couches de maquillage.
Rien. Une forêt épaisse et infranchissable.
- Le paradis se trouve de l’autre côté du mur !
Demi-tour. Vite, je grimpe et je redescends de l’autre côté, derrière l’espérance, l’espoir, l’attente de quelque chose d’illusoire.
Rien. Un nœud de fleuves aux vagues fortes et au fil lourd de son inertie liquide ;
- Le paradis se trouve de l’autre côté du mur !
Je me retourne encore. Vite, je grimpe sans attendre et sans mentir. Ici et maintenant, je reste au-dessus du mur. Je m’y arrête et je regarde le monde. Droite et gauche. Un paysage mille fois neuf dont je n’attends plus rien. Le paradis est sur le faîte de ce mur.
Verviers, mars. 07
10:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
29.12.2007
chronomètre en crin
Taq
Tique intact
Qui me gratte
Et m’astique
Son contact
Aseptique
Reste un acte
Esthétique
(La poésie parle du temps
Mais qu’y peut-on ?
Mais qui doit-on
Incriminer ?)
Pathétique Avocate
Anapestique
Aristocrate
Analytique
Bureaucrate
L’horloge astique nos heures plates
Et nous rapporte, délicate,
Les instants aéronautiques
De nos enfances silicates
Où est mon amant tiq ?
Il est encore là taq.
Dans chacun de tes tics
Dans l’instant de cet acte
Avec ta montre fais un tiq
Avec ta montre fais un pacte.
(Le temps parle de poésie
Calorifère.
Qu’alors y faire, sinon danser ?)
Elle court, elle court, arithmétiqueA chaque pas, elle t’handicape
Jamais n’arrête, or ou plastique
Et jamais tu ne la rattrapes
Non, jamais, vraiment, tu ne quittes
Les yeux du cadran, tu me captes ?
Habitues-toi, c’est pathétique
Et négocie avec du tact.
Où est mon amant tiq ?
Il est encore là taq.
Tu deviendras un névrotique,
Un psychopathe schizophrénique
La claque qui clique, tapant impact
Qui tique, qui plaque, qui te critique
Et fait de toi, inadéquate,
Un vieux trop jeune,
Un jeune trop vieux
Où est mon amant tiq ?
Il n’est déjà plus taq.
Impact
Déclic
Compact
Typique
Attaque
Étique
Abdique
Et tac
Tiq
Taq
Tiq
Mort clinique
Le bonheur claque.
28 décembre 07
09:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.12.2007
La tristesse des clowns
J’ai la tristesse insondable des clowns.
Le boulanger fait son pain quotidien,
Un peu d’eau, un peu de levain.
Le bûcheron taille ses arbres.
L’électricien cherche sa fée,
Le ramoneur, sa cheminée,
Chacun repose sa conscience, chacun se nourrit de bon pain.
Nous ne mangeons que des sourires, un grand éclat nous rassasie.
Haha ! Haha !
Des enfants meurent au bout du ciel.
Haha ! Haha !
Le président taxidermiste voudrait racheter le soleil !
Haha !
Dans chaque oeil, une révolution que les mains ne veulent connaître.
Haha !
La terre s’écroule vers son cœur de feu, de flamme et de vapeur
Hahahaha !
Réveillez-vous, public de bois ! Faites donc brûler vos visages ! Un feu de rires, un feu de joie, un incendie d’heureuse rage ! Je mettrai le feu à l’espace, la terre entière brûlera, les galaxies paraîtront pâles devant le feu de notre étoile ! Le ciel entier s’embrasera pour une seule de mes chutes, une baffe et vlan, un seau d’eau et paf, je trébuche, et toc, je mourrai ! Hahahaha !
La mort, sinon rien d’autre, pour éclairer vos nuits sans lune, le rire, sinon quoi d’autre pour éveiller mon infortune ?
Demain, demain, les enfants bâtiront le nouveau paysage au son du rire de ma voix, et effaceront d’un geste de la main mes mauvais souvenirs de mauvais lendemains.
13:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
27.12.2007
Si j'étais une de tes jambes
Baleine, poisson, chenille, chien,
Je m’allongerais plus loin.
Et si j’étais l’autre jambe,
Chaton, girafe, oie, requin,
Je monterais jusqu’à tes seins.
Si j’étais une de tes jambes,
Cheval, puce, martre, castor,
Je cacherais des trésors.
Et si j’étais l’autre jambe,
Hirondelle, ara, condor,
Le secret de nos accords.
Si j’étais une de tes jambes,
Abeille, moule, cobra, zébu,
Je me promènerais nue.
Et si j’étais l’autre jambe,
Eléphant, moineau, merlu,
Je resterais bien en vue,
Pas trop loin de mes deux mains,
Pas trop loin de mes deux lèvres
Coq, asticot, bœuf, lapin,
Chat, rhinocéros et lièvre.
Tous les animaux s’y trouvent,
Comme au creux du monde entier,
Comme deux colonnes de marbres amènent l’œil aux entrées,
Comme le ravin de chair mène l’oiseau à son nid
Où il explose en mille étoiles, et meurt de mort infinie
Baleine, poisson, chien, chenille.
Juin 2006
09:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
26.12.2007
arrête!
Ceci est un ovni. Une polyphonie poétique.
Arrête ! Le public dit « arrête ! » au signal du lecteur ; Des haches et des pierres, des cailloux, des couteaux, des lames de métal, des larmes de rasoir, des faucilles, des marteaux, des limes et des clous, tes mots me font si mal, ils entrent dans mes joues et finissent en perçant mes tympans de tambour. Arrête ! Je suis venu poser sur le seuil de ta porte un paquet de chair morte, un cercueil d’amoureux, deux mains détachées de tout, deux yeux secs de rivières, un sourire d’ébène abattu par le temps. Arrête ! Ta voix me fait brûler, chair vive et cheveux secs comme paille d’été, comme champs de juillet. Je meurs Arrête ! Je meurs. Arrête ! Je meurs, je crie. Et j’écris à présent avec ma plume-pointe, blessant comme une dent le papier innocent ; Arrête ! Le soc de mon stylo retournera la terre, j’y sème un paradis, l’engrais est mon enfer ; Arrête ! J’attends la poésie comme on attend un cœur ; le mien, assassiné, ne battra plus longtemps. J’attends. Arrête ! J’attends. Arrête ! J’attends, j’ai peur. Quand tout à coup tes mots le brisent et le fracassent, l’ouvrent comme coquille. J’ai mal là où tu parles. Arrête ! Ne me regarde pas. Arrête ! Tes mots creusent ma chair, mes muscles et mes os. Arrête ! La poésie s’écoule rouge, liquide et forte. J’écris. Arrête ! J’écris. Arrête ! J’écris, j’ai mal. Tranchoir, couteau, ciseau et scalpel, canif, machette, sabre et barbelé, tous tes mots me torturent. Arrête ! Ta voix douce me dit que tu n’es pas à moi. Arrête ! Ton bonheur me rappelle l’autre avec qui tu vis. Arrête ! Arrête de parler. Arrête ! Arrête ! Arrête ! Arrête, attends. Je dois encore marcher. Retrouver le soleil. Reconnaître l’été. Je ne dormirai pas. Je boirai l’encrier de la nuit, plaies ouvertes, et t’écrirai demain où posent mes bagages. Suis-moi si tu y crois. Reste là si tu l’aimes. Ne me regrette pas. Je pars sans armes, Je pars sans haine. Les pierres à aiguiser ont envahi la plaine. Thouars, mai 06.
11:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
25.12.2007
berceuse pour un homme fort
Joyeux Noël à tous.
dans la douceur, voici une berceuse pour un homme fort :
Berceuse pour un homme fort :
Rêve au monde qui gronde
Songe au pain qui se lève
Viens, dors à point nommé et serre tes poings crus
Aujourd’hui est parti
Demain va se lever, recommencer l’enfer
La foule, le printemps, le travail de la terre
Et songe à la musique et lave ta fatigue
A la source atlantique des plages du sommeil
Songe aux perce-neige, songe aux perce-murs
Trois notes de guitare pour coller les paupières
Quelque part sur la terre chante un bleu rossignol comme chantait ta mère
Et rêve de châteaux, et rêve de poussière, de grands lits et de femmes, et d’or, et de lumière
Ton corps coule sur la toile, ton lit, fleuve de travail, et ton âme, et ton cœur fuient déjà la tempête
et glissent quelques heures du côté sans attente, sans espoir et sans peur du miroir des yeux clos
Tes mains emportent l’eau, tes bras cherchent la pelle, ton front creuse des rides au burin de l’horloge et ton dos (oh, ton dos) s’écroule comme barrage aux maux de la terre blanche
Dors et songe
Rêve et fuis
Entre au pays des rêves, au pays de Morphée, et paie ton passage de la monnaie de songe que tes ongles ont gagnée.
10:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
24.12.2007
la plaine où je m'endormirai
C’est le jardin de mes enfants
Des arbres y creusent leurs racines
A la recherche de mon eau
La caille y pose ses petits,
Un renard seul cherche à aimer.
La neige y pose sa main blanche,
Douce et glacée quand l’hiver dort.
La plaine où je m’endormirai,C’est le silence souterrain
Qui rongera mes derniers maux
Et la chanson de vous, vivants,
Qui pullulez par-dessus l’herbe.
Respirez donc tout l’air du ciel,
Gonflez vos poumons de musiques,
Crachez aux dieux tout votre fiel,
Dansez, aimez tout votre saoul,
Couchez-vous donc là où je dors,
Faites l’amour, je fais le mort.
La plaine où je m’endormirai
Sera un jour une autoroute,
Un champ de pétrole, ou de fer,
Un avion mort, tombé sans doute
Là où les fleurs devraient s’ouvrir.
Bruxelles, oct. 2001
10:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littéraure, poésie
22.12.2007
Des fleurs sur toutes les tables
Des fleurs sur toutes les tables,
De larges nappes blanches et des fenêtres hautes,
Ton sourire d’orange que je sais véritable, et la journée qui fuit, laissant partir les hôtes.
Il ne reste que nous.
Que nous et puis les fleurs.
Et la plaine. Et le ciel.
Le tambour de nos cœurs qui résonne à nos tempes.
Partout, le goût du miel.
Nos doigts qui s’entremêlent. Et les hôtes reviennent.
Puis la nuit est venue sur nos assiettes pleines.
« Mangez » dit le silence. « Goûtez » disent les fleurs et murmure la plaine.
Nous avalons le temps comme un gâteau farci.
Les hôtes sont sortis.
Mille fois tu fus nue,
Mille fois je fus seul.
Mille plats sur la table,
Et toujours quelques fleurs, toujours la plaine, dehors
Et tous les jours, le ciel.
Les hôtes entrent et sortent.
Et nous buvons des larmes et des calendriers,
le couteau comme une arme,
la serviette pliée.
Reste assise à ma table.
Reste assise, je t’en prie.
Les assiettes vidées ne sont signe de rien.
Si le ciel s’est éteint,
les fenêtres fermées,
les hôtes sont partis,
il nous reste les fleurs.
Reste assise
Rien qu’une heure.
(extrait du recueil "Les mots, le miel et mille fois l'or" à paraître aux éditions du Coudrier début 2008.)
09:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie
21.12.2007
Entre nous, le sexe...
A moins que ce ne suit oculaire, orbital ou pupillin.
Non. Entre nous deux, c’est le choc frontal. Le plaisir artériel. La rencontre auriculaire. Le rapprochement cuissier, génutier ou au moins jambesque. Le toucher péliculaire, charnel, musculaire, dorsal ou ventral, la caresse pédestre, cheviline, épaulesque, nuquière, là où démarrent les cheveux, là où se perdent les doigt.
Mais entre nous, ce n’est sûrement pas sexuel.
Ca, non.
Verviers, mars. 07
12:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie


