10.05.2008
En revenant le long de la Meuse :
Bourbier orange et bleu, nuit chimique sur le fleuve
File de soldats bandants d’acier et de furie reproductrice
File de fumeurs armés de cheminées qui qui qui nous étoufferont
Baïonnettes carboxydriques
Cœurs qui battent feu et sang
Réseau de veines chaudes et de veinules cuites où passe le métal en fusion
Acier-feu
Tumeur-fer
Marteaux fous qui qui qui assassinent les oiseaux
Sous la barbe adolescente de ces témoins oculaires, mille ouvriers qui qui qui sait, dix mille peut-être, savent la vie enfumée des maisons d’hydrocarbure, les fenêtres empoussiérées, les cancers de l’œsophage, les assiettes recouvertes de tout ce qui qui qui fut nuage
Oiseaux-plumes
Pipe d’écume
Casquette plate morte au combat
Le fleuve continue sa route (quand quand quand ne te retourne pas), et son métier de fleuve : ce soir, il nous reflète cette acné juvénile lumineuse, cette crise de boutons rouge-orange dans la gueule avant de nous dire bonsoir et de se tirer, divin. Quoi quoi quoi et de se tirer divin.
Mars 08
17:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture
09.05.2008
Tout ce qu'il y a dans ce poème
Il y a dans ce poème plus d’ivresse que dans tous les flacons d’eau de neige fondue entre tes mains, plus de chaleur qu’un braséro l’hiver où brûlent les chansons qu’écrivent les serpents de leur main inventée, plus de couleurs que dans l’œil du bouillon où flottent les légumes, les bateaux, les cadavres, le pétrole et les fous jusqu’aux genoux, jusqu’aux cailloux, jusqu’au bijou.
Oui, il y a ici plus d’ amour que dans toutes mes lettres, écrites à chaque instant sur le papier toilette de mon cabinet noir, plus de mots que tous ceux prononcés lors du sommet mondial des lapins turcs végétariens, plus de voyage qu’avec tout inattendu trolleybus de fumeurs de jambon à l’arrêt « bout-filtre du monde ».
Que dis-je ? On trouve ici plus de sens que dans un dictionnaire tout en transylvanien des prénoms de notaires qui finissent en « ul ». Bien plus de rythme aussi que sur une autoroute couverte de moquette, fut-elle rouge ou fut-elle verte ! Et bien plus de musique que dans n’importe quel bluetooth retrouvé sur le green de chez Axelle Red !
Plus de force encore que la pluie, l’averse et cet orage de larmes et de champagne, d’aspirines et d’enclumes qui parfois assassine les soirs de plein soleil ; Plus de vérité blanche que tous les discours mornes des oiseaux mensongeurs mi-songeurs, migrateurs, fonctionnaires du rêve en nichoirs automates.
Plus de quiétude, enfin, que tout estomac flasque attrapé et farci de quotidien urbain.
Il y a dans ces lignes plus d’images (bien plus !) que dans n’importe quel poste de télévision.
Verviers, mars 08.
09:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2008
Laisse la fenêtre ouverte
Ciel.
Ciel ciel ciel ciel ciel ciel oiseau
Bleu
Bleu outremer bleu cyan ciel
Ciel marée de larmes et d’idéaux ciel ciel
Ciel un chant d’oiseau
Silence au ciel revenu bleu
Tableau d’huile et d’apaisance
Ciel.
Ciel. Pas d’autre mot.
Un chant d’oiseau, un trait de craie sur le tableau
La fenêtre est ouverte,
Une plume entre dans le salon
Où hurle la télévision.
10:02 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, écriture


