30.11.2009

pour qu'il reste un peu de moi

Pour qu'il reste un peu de moi

Je laisserai la fenêtre

Ouverte et sur le miroir

Une trace de mes lettres.

 

Nov 2009.

24.11.2009

la langue des poètes

Je mourrai de guerre

(Le savais-tu ? Le savais-tu ?)

Et je mourrai idiot.

Ignorant tout de l’art de tuer.

Un char me passera sur le corps

Et ca fera un grand

« SCRNOPRTUSNILZTSCHAK »

(Quatre syllabes qui n’existent pas en français)

 

Je mourrai de vent

(Le savais-tu ? Le savais-tu ?)

Et je mourrai idiot.

Ignorant tout de l’art de t’aimer.

Un cerf-volant m’emmènera,

Puis je pourrai tomber

Et ca fera un grand

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAKRNAK »

(Deux syllabes qui n’existent en aucune langue)

 

Je mourrai de silence

(Le savais-tu ? Le savais-tu dans ta science?)

Et je mourrai idiot.

Ignorant tout de l’art de décéder.

Seul au milieu de l’Antarctique,

Gelé, cassé, brisé, ca fera un grand

 

« ________________________________________ »

 

De ces mots qui n’existent qu’en la langue des poètes.

 

 

Nantes, oct 09.

 

23.11.2009

je ne dormirai pas

Je ne dormirai pas

Je n’dormirai jamais

La nuit est trop inquiète

Les loups courent dans la plaine,

Un caleçon de laine leur étreint les deux hanches

Ils courent, ils courent, ils courent, la salive à la gueule

Et des chevaux de sable aux crinières dorées s’envolent de la plage comme des femmes larges

La lune a encore soif

Elle n’est pas assez ronde

 

Je ne dormirai pas tant que ces femmes douces n’auront pas toutes été se baigner dans l’eau froide (m’entendez-vous ?), tant que ces hanches pleines n’auront pas vu l’écume (m’entendez-vous ?), la vague haute, la marée et le flot, et le filet des mains qui tentent d’être chaudes.

M’entendez-vous ?

Tant que l’horizon lent ne sera pas ici, ne me touchera pas de son doigt bleu d’azur, et que ma faim avide de connaître le monde ne t’aura pas captive (m’entendez-vous ?) touchée (m’entendez-vous ?) couchée (m’entendez-vous ?) mouchée (m’entendez-vous ?) de mon mouchoir, de ce maillot de laine qui étreint mes deux hanches.

 

Un jour, une nuit de cristal,

Une aube de velours,

Ou bien un crépuscule,

Je te tiendrai la main et je m’endormirai.

 

 Verviers, sept 09